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Le Blue Monday, un vrai sujet pour un faux jour

Temps de lecture : 2 minutes

Si vous vous sentez déprimé en ce lundi 15 janvier, rien de surprenant : c’est le “Blue Monday”, le jour qui serait, d’après une addition de plusieurs facteurs, le plus déprimant de l’année. Sauf que, désolés de vous l’apprendre, si vous n’êtes pas dans votre assiette, ce sera certainement le cas demain aussi. En effet, cette morne journée n’est en fait qu’un concept publicitaire, inventé pour une agence de voyage en 2005.

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Content Strategist à l'Agence Nest. 3ème Daft Punk en rêve et cœur brisé régulièrement par le Paris Saint-Germain.

Peter Rechou

D’où vient le Blue Monday ?

En 2005, Cliff Arnal, psychologue à l’université de Cardiff, publie une étude selon laquelle le troisième lundi de janvier serait le jour le plus déprimant de l’année.

Plusieurs facteurs seraient additionnés pour trouver ce résultat : période post fêtes de fin d’années, argent dépensé à Noël, salaire pas encore reçu, météo capricieuse, période de journées longues et sombres qui durent depuis un certain temps, … Bref, tout un tas de choses qui ont effectivement de fortes chances de nous mettre un coup au moral.

Sauf que Cliff Arnal a ensuite reconnu que ce résultat ne tenait qu’à des éléments très subjectifs, et a même avoué avoir été payé par Sky Travel, une agence de voyage britannique qui avait remarqué que les gens ne dépensaient plus tellement après les fêtes.

La santé mentale, c’est toute l’année

Si le Blue Monday, inspiré de l’expression anglaise “to feel blue” (qui signifie “être déprimé”), est loin d’être avéré, l’écho que cela donne au sujet de la santé mentale n’est peut-être pas si anodin.

En effet, le sujet est devenu omniprésent, notamment chez les jeunes. Et pour cause : Santé publique France révèle que les “recours aux soins d’urgence pour troubles de l’humeur, idées et gestes suicidaires ont fortement augmenté en 2021 puis 2022”, pour rester à un niveau élevé en 2023, voire même augmenter de “façon marquée” chez les 18-24 ans.

Si, évidemment, politiques, marques et influenceurs se sont appropriés le sujet ou, en tout cas, tentent de s’immiscer dans le débat, ceux qui en parlent le mieux sont peut-être les principaux concernés : sur les réseaux sociaux, la Gen Z a bel et bien décidé d’en parler sans tabou.

Mais on doit souligner que la santé mentale n’est pas un sujet réservé aux moins de 24 ans. Comme le précise le Professeur Lejoyeux, chef du service psychiatrie à l’hôpital Bichat, dans l’Obs : “Si ce “Blue Monday”, réel ou non, permet de remettre les maladies dépressives dans le champ des préoccupations et donc de repérer l’une des principales causes de mortalité avant 40 ans, qui est le suicide, alors très bienCe qu’on voit trop souvent, ce sont les gens qui traînent ça pendant trop longtemps sans consulter, et qui vont développer des complications médicales, voire attenter à leurs jours ».

En bref, n’attendez pas le troisième lundi de janvier pour prendre soin de vous.