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Les tendances vont-elles perdurer en 2024 ?

Temps de lecture : 6 minutes

TW : Cet article énonce des résolutions 2024 qui sont susceptibles de ne pas être tenues.

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Rédactrice à l’Agence Nest. 30 onglets ouverts dans la tête et un assistant à moustaches sur les genoux.

Laury Peyssonnerie

TW : Cet article énonce des résolutions 2024 qui sont susceptibles de ne pas être tenues.

(Si vous le lisez d’ici là : Oui, les trigger warnings sont encore à la mode en 2023.)

Avant même de vous révéler ce qui se trouve dans notre boule de cristal, on s’est dit qu’une rétrospective de nos décryptages 2023 était nécessaire. Un peu comme un Spotify Wrapped, mais version Stalk.

Stalk dans le rétro

Sans grande surprise, la Gen Z semble avoir tenu les tendances à la baguette cette année. TikTok lui a laissé champ libre, et ça tombe bien, car elle avait déjà pris ses initiatives d’un pas assuré.

Prendre la Gen Z pour un ado en pleine révolution qui claquerait la porte au nez de ses parents serait une grave erreur. – Quel héritage nous laissera la Gen Z ?

Au contraire, elle s’est construit un royaume de références qui sont reparties aussi vite qu’elles sont arrivées. Ça ne semble pas ravir les boomers, une fois de plus, mais il faut se rendre à l’évidence : les tendances en -core ont fait parler d’elles toute l’année.

Il semblerait alors que la police du bon goût n’ait plus sa place chez les fashions. D’ailleurs, quelqu’un a des nouvelles de Cristina Cordula ? – Mode & Tendances : Le baromètre de la Gen Z

Ça leur a surtout permis de se conforter dans des esthétiques aussi niches que mouvantes : Europecore, Royalcore, Witchcore et même Barbiecore. Oui, parce que même les marques ont réussi à s’imposer sur ce marché. L’iconique poupée a troqué la poussière du placard contre l’engagement sur grand écran, à une époque où on ne demandait que ça.

Les marques nous accompagnent au quotidien : Kellogg’s au petit-déjeuner et Netflix avant de se coucher. Alors, oui, dans un certain sens, il vaudrait mieux qu’elles nous apprennent quelque chose au passage. – Les marques doivent-elles nous éduquer ?

Les marques ont bien cerné la Gen Z : elle veut donner du sens à sa vie, et ça requiert de l’engagement et des valeurs. Or, se montrer authentique, c’est aussi donner son avis tranché sans tiédir au risque de s’attirer les foudres des uns et des autres. Face à ça, chacun survit dans sa bulle.

Si on peut difficilement remettre en doute la place des réseaux sociaux dans notre quotidien, on peut même pousser la réflexion jusqu’à dire qu’ils ont une part importante dans la manière dont nous présentons aux autres. En clair : s’ils sont notre reflet, nous sommes sûrement bien déformés. – Suis-je ce que mon feed dit de moi ?

Parce que se montrer authentique ne signifie pas vraiment l’être. Depuis que la parole a été libérée, on expose une intimité sans filtre qui n’exclut pas de trouver un angle flatteur pour pleurer devant la caméra. En clair, pour voir et être vu, on romantise nos moindres faits et gestes, et ce, même quand ça touche nos zones d’ombre.

Alors, voir la vie en rose, même lorsqu’on broie du noir, c’est donc ça le mal-être en 2023 ? – Comment la Gen Z a décomplexé son mal-être ?

Et même si, pour aller mieux, on pourrait aller vivre la grande aventure sur les plages de Bali. C’est quand même bien plus fun de jouer au main character ou de se projeter en des inconnus pour combattre nos désillusions du quotidien.

Peut-être l’humancore répond-elle au besoin d’authenticité que nous n’arrivons pas à entretenir nous-même. Peut-être nous permet-elle de contrer la performance et le superficiel du quotidien qui nous assaille. Et tant pis si tout va moins vite, parce que c’est la beauté de la vraie vie.- Alors les humains, ça humanise ?

Direction 2024

La première question que l’on pourrait se poser c’est : la Gen Z va-t-elle un jour lâcher le monopole du web ou, du moins, perdre l’hégémonie du cool ?

En 2023, elle n’a pas hésité à se moquer de ses ancêtres face au fossé creusé par la pause millenial. Pourquoi, en 2024, la génération Alpha ne ferait-elle pas d’eux les nouveaux boomers ? Après tout, ça pourrait bien être la honte d’avoir peur des IA alors qu’elle ramène des 20/20 à tous les devoirs.

Quant aux Millenials, ils finiront certainement au même endroit que les autres… perdus dans les limbes de Facebook. Que dis-je, dans les limbes de X (ex-Twitter pour les vrais boomers) ou d’Instagram d’ici-là. Threads sera devenu le nouveau réseau social hype où la Gen Z, à force d’embrouilles et de débats, aura laissé une safe place à la Gen Alpha. On aura bien trouvé un vrai remède à nos problèmes de santé mentale d’ici là.

TikTok, il ne vaut mieux pas en parler ; les boomers sont arrivés plus vite que prévu, et on croise encore les doigts pour qu’ils n’apprennent pas l’existence de BeReal.

Pour ce qui est de celles qui ont toujours tendance à se ramener alors qu’on en voulait pas… les marques devraient bien trouver un moyen de s’intégrer à chacun de ces réseaux sans problème.

Puis, on pourrait en venir à questionner le phénomène des tendances qui semblaient donner le rythme sur tous les réseaux ces trois dernières années : Est-ce qu’elles vont vraiment rester éternellement à la mode ?

Peut-être un jour va-t-on avoir fait le tour de tout ce qui nous faisait rire autrefois, et finir par s’en lasser. Un peu comme pour les Tags Youtube de l’époque : les mêmes audios, les danses à l’excès et les covers par IA ne nous divertirons plus.

Alors, par quoi cela pourrait-il bien être remplacé, me diriez-vous ? C’est simple : Rendez-vous en 2024 pour savoir, parce qu’on n’est pas non plus Madame Irma.

Tout ce qu’on peut vous dire c’est que selon un sondage de Fast Company, 66 % des interrogés estiment que les marques « en font trop ». Autant vous dire que les tendances ne semblent pas en bonne voie pour évoluer davantage en ce sens. Peut-être est-ce la fin d’une ère que l’on voit au loin, ou simplement l’opportunité tant attendue pour que les marques remettent leur communication en question.

Enfin, malgré une ambiance hyper-individualiste qui tend à être communautaire, on pourrait commencer à avoir du mal à se placer sur tous les sujets émergents. Faut-il être soi-même au risque d’être trop tranché ? Faut-il s’inventer une opinion dans l’entre-deux ? Faut-il se taire ou ne pas s’arrêter de parler ?

Peut-être serait-ce enfin l’année de la digital détox, si tout fini par couper ou si la flemme atteint son apogée.

Stalk serait contraint de passer au magazine papier, et ça ne déplairait pas à tout le monde. En tout cas, sûrement pas aux vintage addicts des années 2023.